Publié le 20/11/2009 à 21:47 par httppasapas
MESSAGE DE Me MARIE-THERESE NLANDU AUX CONGOLAIS
C'est en des termes clairs que Me Marie-Thérèse Nlandu, présidente de Congo-Pax) et récemment de la plate forme du Congo Légitime Défense a commencé son allocution du 16 novembre lors de la conférence de presse qu'elle a tenu récemment a Londres. Me Marie-Thérèse Nlandu affirme que « notre pays ne nous appartient pas » et qu’il est du devoir des Congolais(es) d’étudier des stratégies pouvant les aider à récupérer ce pays.
Me Marie-Thérèse Nlandu est une ancienne candidate à l’élection présidentielle en RDC, elle s’est présentée officiellement comme candidate du parti « Congo Pax » à l'élection présidentielle congolaise de juillet 2006. Et ancienne prisonnière d’opinion. Avocate de droits de la personne, des pauvres et des opprimés.
"...Nous devons nous battre car il n’il ya pas de bénéfice sans sacrifices, nous devons etre des personnes mieux des gens qui veulent que les choses changent en RDCongo, nous devons se tenir debout comme un seul homme. Car trop c'est trop".
Un appel a été lancé aux mamans, aux papas, de se tenir debout et de réagir. "Notre lutte pour notre droit et contre la corruption, les crimes, les antivaleurs, de combattre aussi contre les abus".
"Lors des élections de 2011, il faut des vrais recensement et crédibles".
"...En 2006, il n ya pas des recensements. C'est ainsi que nous voulons des récensements vrais et crédibles de toute la population, pour savoir qui est congolais et qui ne l'est pas".
"Oui aux Elections, mais sans Kabila, car c' est depuis 2001 qu' il est pouvoir, nous ne voulons plus d' un président qui accede au pouvoir par les armes. Le pays va mal, trop d' abus, le sang des congolais continue de couler, plus de 6.000.000 de morts. Kayemba vendu aux angolais, a présent, dans le Bas-Congo du coté de Tshela, la population est en train de fuir les exactions des militaires angolais. Quant a l' Est n'en parlons meme pas".
"Ayons crainte de seulement de Dieu et non des etres humains. Car la parole est forte, l' expression est forte.
Pour 2011, nous disons Oui aux élections, mais sans Kabila. Nous disons encore une fois halte a la tricherie. C'est ainsi que nous allons nous impliquer pour 2011. Une loi électorale faite sur mesure est pleine de tricherie. Au parlement, il y' a une opposition au nombre de 165 personnes, un nombre qui peut bloquer mais cette opposition parlementaire périclite, car habitués a recevoir 7.000 dollars avec des jeeps et des facilités.
"Si l’opposition congolaise veut par exemple devenir crédible, elle a tout intérêt à s’organiser", Messieurs les députés si vous aimez le Congo, cessez la trahison, a t-elle conclu.
SERVICE DE PROPAGANDE CONGO PAX 2009, source http://www.youtube.com
Par Emile Matundu
Publié le 13/11/2009 à 20:53 par httppasapas
Détenu depuis un an et demi, l’ex-vice président du Congo et chef de guerre n’a toujours pas été jugé. La CPI ne veut rien négliger, son procès est aussi celui où se joue la crédibilité de la justice internationale.
De notre envoyée spéciale à La Haye et Bruxelles
Deux tours crénelées, des murailles de brique, un ciel toujours gris: devant la prison de Scheveningen, même la plus blanche des oies se sent coupable. La forteresse pourrait être le palais d’un dictateur paranoïaque. C’est la nouvelle maison de Jean-Pierre Bemba.
Depuis le 3 juillet 2008, le bouillonnant patron du Mouvement de libération du Congo (MLC) n’en a franchi les portes que pour deux raisons: des comparutions à la Cour pénale internationale (CPI), à quelques kilomètres de là, dans le centre de La Haye, et les obsèques de son père, Jeannot Bemba Saolona, en juillet 2009. Le reste de son temps – c’est-à-dire la majeure partie –, Jean-Pierre Bemba le passe entre ces murs fouettés par le vent du nord.
La prison de Scheveningen a la réputation d’un bon hôtel: cellules individuelles, salles de sport, plateaux-repas – ou possibilité de cuisiner soi-même. Les visites sont autorisées et, tous les dimanches, Bemba passe quelques heures avec son épouse Liliane et leurs cinq enfants. Ils viennent en voiture de Rhode-Saint- Genèse, dans la banlieue de Bruxelles. Son épouse lui apporte des magazines – Le Point, L’Express, J.A., Gala –, son fils aîné, des DVD.
Richissime seigneur de l’Équateur pendant la deuxième guerre du Congo, à quelques centimètres de la victoire à la présidentielle de 2006 (Bemba a obtenu 42 % des voix au second tour), l’ex-vice-président (2003-2006) rêvait cependant d’un autre château.
Ses avocats et ses partisans parfois idolâtres le répètent: la bastille de Scheveningen n’est pas la dernière demeure de « Jean-Pierre ». Pour eux, les accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité sont farfelues. Et le dossier de Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la CPI, un mille-feuille de mensonges. Les rebondissements du « feuilleton Bemba » les confortent. En juin, les juges retiraient trois chefs d’accusation de la liste. Actuellement, ils examinent la possibilité d’une mise en liberté provisoire. Détenu depuis un an et demi, Bemba n’a toujours pas été jugé… « Nous nous interrogeons sur l’implication des adversaires de Jean-Pierre Bemba pour l’empêcher de jouer un rôle de leader politique au Congo », en conclut Aimé Kilolo, l’un de ses avocats.
Du côté du procureur, l’analyse est bien différente. Normal que le procès n’ait pas commencé, répète-t-on. La CPI, créée en 1998, est encore un laboratoire. L’examen tatillon du dossier par les juges n’inquiète pas. Au contraire, ils sont, aux yeux du procureur, la marque de l’impartialité de la justice et ne rendront le procès et son issue que plus crédibles.
Comme dans les parties de ping-pong qui occupent Bemba dans sa prison, défense et accusation se renvoient toutes les balles. Un petit jeu inhérent à toute affaire judiciaire. Mais dans celle-ci se jouent la crédibilité de la justice internationale et la fin de l’impunité pour les puissants. Retour sur un casse-tête.
Les crimes 2002-2003
En octobre 2002, le président centrafricain Ange-Félix Patassé affronte une rébellion menée par son ancien chef d’état-major, le général François Bozizé. Les troupes loyalistes ne font pas le poids. Bemba met 1500 hommes du MLC – les « Banyamulenge » – à disposition de Patassé, son allié. Ils quitteront la Centrafrique défaits, à la victoire de Bozizé, en mars 2003. Et laisseront derrière eux un massacre: des hommes, des femmes et des enfants ont été violés, torturés et tués, souvent en public; des maisons ont été dépouillées. Bangui et ses alentours sont traumatisés.
Les débuts de l’enquête mai 2007-mai 2008
Saisi par la Centrafrique en 2004, Luis Moreno-Ocampo ouvre une enquête en mai 2007. S’appuyant sur des rapports de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), son équipe va chercher des témoignages de victimes à Bangui. D’ex- « insiders » – les membres du premier cercle de Bemba – parlent aussi. Leur identité, comme celle des victimes, est ultra-protégée.
Le dossier de Moreno-Ocampo s’épaissit. Certains passages sont accablants. Notamment les propos rapportés par le témoin 36, qui a entendu un commandant parler à ses hommes: « Vous n’avez pas de parent, vous n’avez pas d’épouse, vous allez là-bas et vous détruisez tout. C’est la guerre. […] Jean-Pierre Bemba vous a envoyés pour tuer et pas pour vous amuser. »
Au final, Moreno-Ocampo en est sûr: Bemba et Patassé ont ordonné à leurs soldats de terroriser les civils pour les dissuader de s’allier aux rebelles de Bozizé. Ils ont commis un massacre à grande échelle. Plus de 500 victimes sont concernées. Pour le procureur, il s’agit de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
L’arrestation 24 mai 2008
Craignant pour sa sécurité après les affrontements entre ses hommes et ceux de la garde présidentielle de Joseph Kabila, Bemba quitte le Congo en avril 2007. Il se partage alors entre ses opulentes villas de Faro, au Portugal, et de Rhode-Saint- Genèse, en Belgique. Les deux États sont membres de la CPI, donc tenus de coopérer. Les services secrets locaux transmettent leurs informations à La Haye.
Au bureau du procureur, une petite cellule traque les faits et gestes de Bemba: les mouvements sur ses comptes bancaires et ceux de sa famille, ses voyages, aux États-Unis ou en France, ses rendez-vous, ses appels. Les limiers disposent d’une visibilité de deux semaines sur son emploi du temps. Lui se sait surveillé.
Il faut prouver deux choses aux juges pour qu’ils émettent un mandat d’arrêt: que le suspect risque de se soustraire à la justice et de porter atteinte aux témoins. Le 22 mai, une opportunité surgit pour le procureur: à La Haye, les enquêteurs ne voient plus clair dans l’agenda de Bemba. Va-t-il se rendre au Congo pour l’élection du porte-parole de l’opposition? Ou dans un État africain qui n’a pas signé le statut de Rome donnant naissance à la CPI, la Libye par exemple, soutien de Bemba pendant la rébellion? Le doute est suffisant pour convaincre les juges d’agir. Le 23 mai, dans le plus grand secret, ils émettent un mandat d’arrêt pour trois crimes de guerre et cinq crimes contre l’humanité.
Dès le lendemain, des policiers sonnent au portillon en bois de la villa de Rhode-Saint- Genèse, dans la banlieue de Bruxelles. À l’intérieur, Jean-Pierre Bemba, Liliane et deux de leurs cinq enfants se préparent pour retrouver Jeannot, le grand-père, et leurs trois autres enfants dans un restaurant italien. La petite soirée en famille tourne court.
À la nuit tombée, Bemba est embarqué. Il fera un premier séjour avec des détenus anonymes à la prison Saint-Gilles de Bruxelles, avant d’être transféré, le 3 juillet, à Scheveningen. Un pénitencier beaucoup plus « sélect »: là, les voisins de cellule de Jean-Pierre Bemba s’appellent Charles Taylor (l’ex-président du Liberia) ou Thomas Lubanga (chef de milice congolais).Dè s lors, les partisans de Bemba s’interrogent. Pourquoi Patassé n’est-il pas arrêté lui aussi? Argument du procureur: il dispose d’un plus grand nombre de preuves contre le chef du MLC. La défense n’est toujours pas convaincue: pour Aimé Kilolo, la saisie de la CPI par Bangui et la non-arrestation de Patassé prouvent que « cette affaire est une cabale politico-judiciaire contre Jean-Pierre Bemba ».
Audiences décisives
12-16 janvier 2009
Pour sa défense, le nouveau pensionnaire de Scheveningen a essayé de se constituer une équipe de choc: le Britannique Karim Khan, ancien défenseur de Charles Taylor, les Belges Aimé Kilolo (fils d’un ministre de la Fonction publique de Mobutu) et Pierre Legros, le Congolais Nkwebe Liriss. Lors de « conversations privilégiées » – des visites sans gardien – ou au téléphone, ils élaborent une stratégie avec leur client, « très participatif », selon Aimé Kilolo.
Après plusieurs reports, l’heure de vérité a lieu en janvier, quand commencent les « audiences de confirmation des charges ». Les deux camps déroulent leurs arguments pour convaincre les juges, qui doivent décider si procès il y aura. De chaque côté, les lignes sont claires. Pour le procureur, Bemba a élaboré un plan commun avec Patassé. Il s’est très rarement rendu à Bangui, mais savait ce que faisaient ses hommes. Riposte de la défense: il n’y a pas eu de plan commun, les Banyamulenge n’étaient pas sous la responsabilité de Bemba mais de celui qui les avait appelés, c’est-à-dire Ange-Félix Patassé; quand Bemba a eu vent de viols, il les a fait punir par une cour martiale. Les juges ont soixante jours pour rendre leur décision.
Le procureur doit revoir sa copie 3 mars 2009
Dix jours avant l’échéance, coup de théâtre: les juges prient le procureur de modifier le document de « notification des charges ». Ils supposent que Bemba est responsable des exactions commises par ses hommes en Centrafrique, mais la thèse du « plan commun » ne les convainc pas. Pour eux, c’est la seule responsabilité du chef militaire qui est en jeu: Bemba savait mais n’a rien fait pour empêcher les massacres. Ils demandent donc au procureur de présenter un autre acte d’accusation, dans ce sens.
Selon la défense, c’est un camouflet pour Luis Moreno-Ocampo. « Les juges lui ont signifié qu’il y allait un peu trop fort », estime Aimé Kilolo. En face, on affiche toujours la même sérénité: « Nous avons aussi des preuves pour montrer que Bemba savait et n’a rien fait, dit Béatrice Le Fraper, conseillère politique du procureur. Les gens qui lui envoyaient des rapports viendront témoigner. »
Bemba devient « l’accusé » 15 juin 2009
Deux mois et demi après avoir reçu la nouvelle copie du procureur, les magistrats annoncent leur décision, en juin: l’affaire sera jugée et Bemba devient « accusé ». Mais c’est pour sa responsabilité de supérieur hiérarchique, et non de coauteur, qu’il comparaîtra. Trois chefs d’accusation ont été retirés de la liste des charges (sur un total de huit): deux pour « tortures » et un pour « atteinte à la dignité de la personne ». « Une grande réhabilitation morale », estime Aimé Kilolo. Autre interprétation possible: les viols, pour lesquels les accusations ont été maintenues, comprennent déjà les tortures et les atteintes à la dignité.
Liberté provisoire? 14 août 2009
Tous les cent vingt jours, les juges doivent se demander si l’incarcération est nécessaire. L’audience a lieu fin juin. En août, ils rendent leur décision: Bemba doit être mis en liberté provisoire. Pour eux, le patron du MLC est un prisonnier modèle. Il ne se soustraira pas à la justice et ne se comportera pas en criminel. La preuve: aux obsèques de son père, auxquelles il a été autorisé à assister à Bruxelles, aucun incident n’a été déploré.
Ses avocats crient victoire. Reste un casse-tête: le pays d’accueil. La Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Portugal et l’Afrique du Sud sont sollicités. Membres de la CPI, ils sont tenus de coopérer. Mais aucun n’a intérêt à prendre ce risque diplomatique.
Autre embûche: le procureur a immédiatement fait appel de la décision des juges. « Une erreur en droit », dit Béatrice Le Fraper. Pour le bureau du procureur, les conditions nécessitant l’incarcération de Bemba n’ont pas changé. Il prétend que certains témoins, dont les noms ont filtré, ont déjà subi des intimidations. L’appel suspend la mise en liberté. La réponse de la Cour est attendue fin novembre.
D’ici là, les avocats et les soutiens de Bemba feront du lobbying auprès de certains États pour qu’ils acceptent le paria. Ils comptent faire appel à des pays « plus neutres », en Europe du Nord, par exemple, et envisagent de demander au Congo d’accueillir son ancien « vice-président ». Après tout, le pays est membre de la CPI et ne peut interdire son sol à l’un de ses ressortissants.
À Bangui, les victimes ne comprennent pas: « De leur point de vue, une libération, même provisoire, vaut acquittement », explique Mariana Pena, représentante de la FIDH à La Haye.
Le procès bientôt
Un procès aura lieu. La question est maintenant: quand? Le procureur doit encore interroger quelques témoins et achever la transmission du dossier – 12000 pages pour le moment – à la défense. Théoriquement, ce sera fait fin novembre. Les avocats de Bemba termineront ensuite leur enquête. Ils pensent en avoir pour quatre mois. Peut-être un début de procès en avril, avance Aimé Kilolo. Il faudra d’ici là résoudre la question de l’identité des témoins – faut-il ou non la révéler?
Autre sujet: les frais de la défense. Depuis son arrestation, les biens et les avoirs de Bemba sont gelés. Officiellement, il n’a pas les moyens de payer ses avocats. Pierre Legros et Karim Khan ont d’ailleurs démissionné. Nkwebe Liriss et Aimé Kilolo disent travailler gracieusement. Ils seront bientôt payés. Le greffe a décidé la semaine dernière d’avancer 30150 euros par mois pour sa défense, frais qu’il devra rembourser à l’issue de la procédure
Source: Jeune Afrique
Texte distribué par:
Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana, Ph.D.
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Tél. (514) 937-2362
Fax (514) 937-9693
Publié le 11/11/2009 à 16:31 par httppasapas
mardi 10 novembre 2009
Anneke Van Woudenberg, chercheuse néerlandaise à Human Rights Watch
« Les preuves sont vraiment là et j'aimerais bien que Lambert Mende et les autres membres du gouvernement acceptent qu'il y ait des enquêtes sérieuses, indépendantes pour vérifier ce qu'il se passe. »
Les casques bleus de la Monuc ne sont-ils pas en train de se salir les mains en soutenant certaines unités militaires qui commettent des tueries dans l'Est du Congo-Kinshasa ? C'est la question difficile que pose l'ONG Human Rights Watch dans un rapport publié il y a quelques jours.
La Néerlandaise Anneke Van Woudenberg est chercheuse « senior » à Human Rights Watch.
Elle travaille au Congo-Kinshasa depuis dix ans.
Par Christophe Boisbouvier
Pour rappel, l'Organisation internationale des droits de l'Homme Human Rights Watch avait annoncé des nouveaux massacres à l'Est de la République démocratique du Congo, qu'elle accuse dans le tout récent rapport publié à New York accusant les Forces de la République Démocratique du Congo et également les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, FDLR. Des hommes auraient été décapités à la machette et des femmes violées, avant d'être tués, précise le communiqué.
« La poursuite de la participation de la MONUC à l'opération Kimia II, contre son mandat et l'avis juridique de l'ONU elle-même, implique les soldats de maintien de la paix de l'ONU dans les exactions commises », « Il est urgent d'envisager d'autres options n'entraînant pas de nouvelles violences contre la population», a conclu Anneke Van Woudenberg.
Le gouvernement congolais n'a pas non plus renvoyé des rangs de l'armée les auteurs déjà connus d'atteintes aux droits humains. Bosco Ntaganda, recherché après un mandat d'arrêt pour crimes de guerre émis par la Cour pénale internationale, est toujours général dans l'armée congolaise et joue un rôle important dans l'opération Kimia II, ce qui soulève des problèmes supplémentaires pour le soutien de la MONUC à cette opération.
Par Emile Matundu
Publié le 06/11/2009 à 16:55 par httppasapas
"SOLDIERS OF THE ARMY CONGOLESE COMMIT CRIMES OF WAR TARGET FOR TAKING THE PEOPLE THEMSELVES THEY SHOULD PROTECT" Dixit Anneke van WOUNDENBERG
"DES SOLDATS DE L'ARMEE CONGOLAISE COMMETTENT DES CRIMES DE GUERRE EN PRENANT POUR CIBLE LES PERSONNES-MEMES QU'ILS DEVRAIENT PROTEGER" DIXIT ANNEKE VAN WOUNDENBERG,
Human Rights Watch researcher Anneke Van Woudenberg.
Anneke Van Woudenberg
Anneke Van Woudenberg, senior researcher for the Democratic Republic of Congo (DRC) in Human Rights Watch's Africa division, joined the organization in 2002. Van Woudenberg has focused on humanitarian and human rights issues in the DRC since 1999, when she worked as country director for Oxfam Great Britain during the height of the war. She has provided regular briefings on the situation in the DRC to the United Nations Security Council, United States Congress, the British Parliament, and the European Parliament, as well as numerous written reports on the topic and regular commentary in the international media. Van Woudenberg has a master's degree in international relations from the London School of Economics. She speaks French.
Sur quoi s’est basé cette Ong pour établir ce bilan et comment expliquer cette demande de Human Rigths Watch à la Monuc de suspendre son soutien aux FARDC dans l’opération Kimia II ?
Publié en début de semaine à New york, Human Right Watch établit la responsabilité des forces armées de la RD-Congo (FARDC) et des rebelles hutus rwandais dans les violations des droits de l'homme commises dans cette région depuis le début de l'année jusqu'à ce jour. Un communiqué récent de Human Right Watch, une Ong de droits de l'homme a fait allusion de nombreux abus commis par les forces régulières dans la région...
Anneke Van Woudenberg, la chercheuse senoir a plus misé sur les victimes, les témoins oculaires, et les gens qui ont entérrer les morts, et de poursuivre, qu'elle a aussi recu d autres informations, mais trop sur des personnes tuées. Ce sont des informations credibles. a-t-elle ajouté. Les victimes étaient surtout les femmes, les enfants et les personnes agées indique le rapport. Pour elle, la stratégie militaire ne marche pas. De chercher d autres solutions, pressions sur le leadership, le désarmenent
Les soldats de la mission des Nations unies au Congo (MONUC) dans la région ne sont pas intervenus pour empêcher ces exactions, selon HWR, qui a demandé la suspension de l'aide apportée par la MONUC à l'armée congolaise. La MONUC est déployée pour assister les FARDC dans leur traque des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).
"Des soldats de l'armée congolaise commettent des crimes de guerre en prenant pour cible les personnes-mêmes qu'ils devraient protéger", a déclaré lundi Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HWR. "La volonté continue de la MONUC d'apporter un soutien à de telles opérations militaires abusives l'implique dans des violations du droit de la guerre".
Les Fardc prenaient des civils comme des collaborateurs des Fdlrl et au risque d'etre impliquer a d' autres atrocités.
Elle dit qu elle recherche un Etat de droit en RDCongo et dit la vérité; si elle le fait, c'est pour que les choses changent.
Réagissant a la radio Okapi, l'Honorable ODIANE Paulin/Kisangani en Province Orientale dit : "Je pense qu'il n'était pas opportun de lancer une armée encore en réfondation dans une guerre. Sans formation suffisante ni notions de droit international humanitaire, le bilan sur terrain ne pouvait être que catastrophique".
Emile Matundu
CI-DESSOUS LE RAPPORT DE HUMAN RIGHT WATCH EN ANGLAIS ET FRANCAIS
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1. DR CONGO: HOLD ARMY TO ACCOUNT FAR CRIMES
Some Congolese army soldiers are committing war crimes by viciously targeting the very people they should be protecting. MONUC's continued willingness to provide support for such abusive military operations implicates them in violations of the laws of war.
Anneke Van Woudenberg, senior researcher
(New York) - Congolese armed forces in eastern Democratic Republic of Congo have brutally killed hundreds of civilians and committed widespread rape in the past three months in a military operation backed by the United Nations, Human Rights Watch said today.
Human Rights Watch called on the UN peacekeeping force in Congo, MONUC, to immediately suspend its support to the military operation or risk being implicated in further atrocities.
In two fact-finding missions in eastern Congo in October 2009, Human Rights Watch documented the deliberate killing by Congolese soldiers of at least 270 civilians between the towns of Nyabiondo and Pinga in a remote part of North Kivu province since March. Many of them had been killed during two massacres in August at Mashango and Ndoruma villages. Most of the victims were women, children, and the elderly. Some were decapitated. Others were chopped to death by machete, beaten to death with clubs, or shot as they tried to flee.
"Some Congolese army soldiers are committing war crimes by viciously targeting the very people they should be protecting," said Anneke Van Woudenberg, senior researcher at Human Rights Watch. "MONUC's continued willingness to provide support for such abusive military operations implicates them in violations of the laws of war."
The UN peacekeeping mission, MONUC is a partner with the Congolese army in operation Kimia II, which began on March 2. The aim is to disarm by force the Democratic Forces for the Liberation of Rwanda (FDLR), a Rwandan Hutu militia group, some of whose leaders participated in the genocide in Rwanda in 1994. MONUC provides substantial operational and logistics support to the soldiers, including military firepower, transport, rations, and fuel.
One of the massacres occurred in early August at Mashango hill, 15 kilometers from Nyabiondo, where UN peacekeepers have a base. According to witnesses interviewed by Human Rights Watch, at least 81 civilians were killed when Congolese army soldiers attacked five hamlets within a few kilometers of one another, only one of which contained rebel combatants. The attacking Congolese soldiers made no distinction between combatants and civilians, shooting many at close range or chopping their victims to death with machetes.
In one of the hamlets, Katanda, Congolese army soldiers decapitated four young men, cut off their arms, and then threw their heads and limbs 20 meters away from their bodies. The soldiers then raped 16 women and girls, including a 12-year-old girl, later killing four of them.
On about August 15, Congolese army soldiers massacred another group of civilians in the Nyabiondo area at the village of Ndoruma. Witnesses said that soldiers returning from a failed attack against a local militia allied to the FDLR earlier in the day deliberately killed at least 50 civilians whom they accused of collaborating with the FDLR and their allies. One woman witnessed soldiers kill her husband and then watched in horror as they torched her home, burning to death her three young children inside.
Congolese army soldiers also targeted civilians on the 10-kilometer stretch of road from Nyabiondo to Lwibo. On September 28 and 29, soldiers based at Kinyumba village along the road, abducted and gang-raped two separate groups of young women and girls, about 20 altogether, on their way to the market. When a local militia allied with the FDLR attacked the government soldiers the same day, they were repulsed by the soldiers, who called in help from MONUC's attack helicopters. Some of the women and girls escaped, but Congolese army soldiers killed at least five as they tried to flee.
On October 29, MONUC reported that the Congolese army had begun further military operations in the area north of Nyabiondo, raising concerns about more attacks on civilians.
Human Rights Watch conducted 21 fact-finding missions in North and South Kivu from January to October 2009, and found that Congolese army soldiers had deliberately killed at least 505 civilians from the start of operation Kimia II in March through September. Another 198 civilians were deliberately killed by Congolese army soldiers and their Rwandan army allies during an earlier five-week joint operation, known as Umoja Wetu, in late January and February.
Human Rights Watch also documented brutal retaliatory attacks by the FDLR militia, which has deliberately targeted Congolese civilians in response to government military operations. Between late January and September, the militia group deliberately killed at least 630 civilians, many in the areas of Ziralo, Ufumandu and Waloaluanda, on the border between North and South Kivu provinces.
"War crimes committed by the FDLR militia are absolutely no justification for Congolese government soldiers to commit atrocities," Van Woudenberg said. "The UN should be asking hard questions about the role of its peacekeepers in supporting such abusive operations."
UN officials have repeatedly told Human Rights Watch that they joined operation Kimia II because they believed their participation could help minimize harm to civilians. MONUC's mandate from the UN Security Council, Resolution 1856, permits it to support Congolese army operations against the FDLR and other armed groups. Since operations began, MONUC has made some notable efforts to protect civilians, which have undoubtedly helped to save lives.
The peacekeeping mission's mandate, however, requires it to attach "the highest priority" to protecting civilians. According to a January 13, 2009 note from the UN Office of Legal Affairs, and two subsequent legal notes from the same office on April 1 and October 12, shown to Human Rights Watch, MONUC has an obligation, in advance of agreeing to support any military operations with the Congolese army, to ensure that such operations are planned and conducted in accordance with international humanitarian law. MONUC may not participate in any operations in which there are substantial grounds to believe that the Congolese army units involved might violate international humanitarian law.
The same legal notes also say that MONUC has an obligation to cease its participation in operation Kimia II if it has credible information that the Congolese army is committing gross human rights violations and if attempts to intercede to stop the violations fail.
In May, Human Rights Watch published detailed information on war crimes committed by Congolese army soldiers involved in operation Kimia II. The UN's own investigations in 2009 also revealed that Congolese government soldiers were regularly committing crimes. During mid-2009, MONUC staff drew up a confidential list of 15 Congolese army officers with a track record of serious human rights abuses who were believed to be involved in operation Kimia II, which was presented to the mission's leadership.
UN peacekeeping officials told Human Rights Watch in May, June, and July that concerns about human rights violations committed by Congolese army soldiers involved in operation Kimia II were being discussed privately with Congolese government authorities. In September, the peacekeeping mission belatedly developed a draft policy setting out conditions for its support to operation Kimia II based on respect for human rights, which it submitted to the Congolese government for comment. On October 30, MONUC and the Congolese army established a joint provincial committee in North Kivu to investigate human rights violations committed by army soldiers and to remove abusive commanders. A similar committee is also to be established in South Kivu.
On November 1, Alain Le Roy, the head of the UN Department of Peacekeeping Operations announced during a visit to Congo that MONUC would suspend its support to the Congolese army's 213th Brigade operating in the Nyabiondo area. According to Le Roy, MONUC's own investigations had revealed that Congolese army soldiers had killed at least 62 civilians in the Lukweti area, just north of Nyabiondo. It is not yet clear how the suspension will be put into effect.
"Peacekeeping officials knew that war crimes were being committed by Congolese government forces, yet eight months into operation Kimia II, they are only now suspending the UN's support to one of the army units responsible," Van Woudenberg said. "Nyabiondo is not the only area where Congolese army soldiers are committing abuses. MONUC should immediately cease its support to all of operation Kimia II until abusive commanders are removed and effective measures are in place to protect the civilian population."
The Congolese government has also not removed well-known abusers of human rights from the army's ranks. Bosco Ntaganda, wanted on an arrest warrant for war crimes from the International Criminal Court, remains a general in the Congolese army and plays an important role in operation Kimia II, causing further problems for MONUC's support of the operation.
Military operations since January, including operation Kimia II, have resulted in the disarmament of 1,243 FDLR combatants from an estimated strength of 6,000, but the FDLR continues to recruit and its ability to attack civilians remains intact. MONUC should develop a comprehensive strategy to disarm the FDLR, making protection of civilians a priority. Its mandate permits peacekeepers to use force to disarm the FDLR on its own, without joining forces with the abusive Congolese army. The April 1 legal note from the Office of Legal Affairs specifically sets out this option.
"MONUC's continued participation in operation Kimia II, against its mandate and the UN's own legal advice, implicates UN peacekeepers in abuses," Van Woudenberg said. "Urgent consideration should be given to other options to disarm the FDLR militia that won't entail further Congolese army abuses against the people of eastern Congo."
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RD CONGO : L’ARMEE DOIT REPONDRE DE CRIMES DE GUERRE
Certains soldats de l'armée congolaise commettent des crimes de guerre en s'attaquant violemment aux personnes qu'ils devraient justement protéger. La volonté persistante de la MONUC d'apporter son soutien à des opérations militaires pendant lesquelles sont commises des exactions l'implique dans des violations des lois de la guerre.
ANNEKE VAN WOUDENBERG, CHERCHEUSE SENIOR
(New York, le 2 novembre 2009) - Les forces armées congolaises dans l'est de la République démocratique du Congo ont tué brutalement des centaines de civils et perpétré un très grand nombre de viols au cours des trois derniers mois, lors d'une opération militaire appuyée par les Nations Unies, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.
Human Rights Watch a appelé la force de maintien de la paix de l'ONU au Congo, la MONUC, à suspendre immédiatement son soutien à l'opération militaire, faute de quoi elle court le risque d'être impliquée dans de nouvelles atrocités.
Lors de deux missions d'enquête sur le terrain dans l'est du Congo en octobre 2009, Human Rights Watch a documenté les meurtres d'au moins 270 civils commis délibérément par des soldats congolais entre les villes de Nyabiondo et de Pinga, dans une partie reculée de la province du Nord Kivu depuis le mois de mars. Nombre d'entre eux ont été tués lors de deux massacres perpétrés en août dans les villages de Mashango et de Ndoruma. La plupart des victimes étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées. Certaines ont été décapitées, d'autres ont été découpées à coups de machette, battues à mort avec des gourdins ou bien abattues en tentant de s'enfuir.
« Certains soldats de l'armée congolaise commettent des crimes de guerre en s'attaquant violemment aux personnes qu'ils devraient justement protéger », a indiqué Anneke Van Woudenberg, chercheuse senior à Human Rights Watch. « La volonté persistante de la MONUC d'apporter son soutien à des opérations militaires pendant lesquelles sont commises des exactions l'implique dans des violations des lois de la guerre. »
La mission de maintien de la paix de l'ONU est partenaire de l'armée congolaise dans l'opération Kimia II, commencée le 2 mars dernier. L'objectif est de désarmer par la force les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), une milice hutue rwandaise, dont certains chefs ont participé au génocide au Rwanda en 1994. Les soldats du maintien de la paix de l'ONU fournissent aux soldats un soutien opérationnel et logistique important, notamment une puissance de feu militaire, le transport et des livraisons des rations et de carburant.
L'un des massacres s'est produit début août sur la colline de Mashango, à 15 kms de Nyabiondo, où les soldats du maintien de la paix de l'ONU ont une base. Selon les témoins interrogés par Human Rights Watch, au moins 81 civils ont été tués quand les soldats de l'armée congolaise ont attaqué cinq hameaux distants de quelques kilomètres les uns des autres, dont un seul abritait des combattants rebelles. Les soldats congolais auteurs de l'attaque n'ont fait aucune distinction entre combattants et civils, tirant souvent à bout portant ou massacrant leurs victimes à coups de machettes.
Dans l'un des hameaux, Katanda, des soldats de l'armée congolaise ont décapité quatre jeunes hommes, leur ont coupé les bras, puis ont jeté leurs têtes et leurs membres à vingt mètres de leurs corps. Les soldats ont ensuite violé 16 femmes et filles, dont une jeune fille de 12 ans, puis en ont tué quatre d'entre elles.
Le 15 août, des soldats de l'armée congolaise ont massacré un autre groupe de civils dans la région de Nyabiondo, dans le village de Ndoruma. Des témoins ont expliqué que les soldats revenant d'une attaque manquée contre une milice locale alliée des FDLR menée plus tôt ce jour-là avaient tué délibérément au moins 50 civils qu'ils accusaient de collaborer avec les FDLR et leurs alliés. Une femme a vu avec horreur des soldats tuer son mari, puis mettre le feu à sa maison, brûlant vifs ses trois jeunes enfants qui se trouvaient à l'intérieur.
Des soldats de l'armée congolaise s'en sont aussi pris à des civils sur le tronçon de route de 10 kilomètres qui relie Nyabiondo à Lwibo. Les 28 et 29 septembre, des soldats basés au village de Kinyumba situé le long de la route, ont enlevé et violé collectivement deux groupes séparés de jeunes femmes et filles, une vingtaine au total, alors qu'elles se rendaient au marché. Lorsqu'une milice locale alliée aux FDLR a attaqué les soldats du gouvernement ce même jour, elle a été repoussée par les soldats, qui ont demandé l'aide des hélicoptères d'assaut de la MONUC. Certaines des femmes et des filles se sont échappées, mais les soldats de l'armée congolaise en ont tué au moins cinq alors qu'elles tentaient de s'enfuir.
Le 29 octobre, la MONUC a signalé que l'armée congolaise avait déclenché de nouvelles opérations militaires dans la zone située au nord de Nyabiondo, soulevant des préoccupations quant à de nouvelles attaques contre les civils.
Human Rights Watch a mené 21 missions d'enquête sur le terrain dans le Nord Kivu et le Sud Kivu entre janvier et octobre 2009, et a constaté que des soldats de l'armée congolaise avaient tué délibérément au moins 505 civils depuis le début de l'opération Kimia II entre mars et septembre. En outre 198 civils ont été tués délibérément par des soldats de l'armée congolaise et leurs alliés de l'armée rwandaise lors d'une opération conjointe précédente qui a duré cinq semaines et connue sous le nom d'Umoja Wetu, fin janvier et en février.
Human Rights Watch a aussi documenté les attaques brutales menées en représailles par les milices FDLR, qui s'en sont pris délibérément aux civils congolais en réponse aux opérations militaires du gouvernement. De fin janvier au mois de septembre, les milices ont tué au moins 630 civils, nombre d'entre eux dans les régions de Ziralo, Ufumandu et Waloaluanda, à la frontière entre les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu.
« Les crimes de guerre commis par les milices FDLR ne justifient absolument pas que les soldats du gouvernement congolais commettent des atrocités », a ajouté Anneke Van Woudenberg. « L'ONU doit s'interroger fermement sur le rôle de ses soldats du maintien de la paix qui soutiennent des opérations donnant place à de pareilles exactions. »
Des fonctionnaires de l'ONU ont à maintes reprises affirmé à Human Rights Watch qu'ils s'étaient joint à l'opération Kimia II parce qu'ils pensaient que leur participation pourrait aider à minimiser les dommages infligés aux civils. Le mandat de la MONUC défini par le Conseil de sécurité de l'ONU dans la Résolution 1856, lui permet de soutenir les opérations de l'armée congolaise contre les FDLR et d'autres groupes armés. Depuis le début des opérations, les soldats du maintien de la paix ont fait des efforts notables pour protéger les civils, ce qui a sans aucun doute aidé à sauver des vies.
Le mandat de la mission de maintien de la paix, toutefois, exige qu'elle accorde « la plus haute priorité » à la protection des civils. Selon une note datée du 13 janvier 2009 émanant du Bureau des affaires juridiques de l'ONU, et deux autres notes juridiques ultérieures du même bureau le 1er avril et le 12 octobre, montrées à Human Rights Watch, la MONUC a l'obligation, avant d'accepter de soutenir toute opération militaire avec l'armée congolaise, de garantir que de telles opérations sont organisées et menées en accord avec le droit humanitaire international. La MONUC ne peut participer à aucune opération dans laquelle il y a des raisons fondées de croire que les unités de l'armée congolaise concernées peuvent violer le droit humanitaire international.
Les mêmes notes juridiques indiquent également que la MONUC a l'obligation de cesser sa participation à l'opération Kimia II si elle dispose d'informations crédibles que l'armée congolaise commet de brutales violations des droits humains et si les tentatives de s'interposer pour arrêter les violations échouent.
En mai, Human Rights Watch a publié des informations détaillées sur les crimes de guerre commis par des soldats de l'armée congolaise engagés dans l'opération Kimia II. Les enquêtes menées par l'ONU elle-même en 2009 ont aussi révélé que des crimes étaient régulièrement commis par des soldats du gouvernement. A la mi-2009, le personnel de maintien de la paix de l'ONU a établi une liste confidentielle de 15 officiers de l'armée congolaise ayant un passé reconnu de graves atteintes aux droits humains et censés être impliqués dans l'opération Kimia II.
Cette liste a été présentée aux dirigeants de la mission.
Les fonctionnaires du maintien de la paix de l'ONU ont déclaré à Human Rights Watch en mai, juin et juillet que les préoccupations au sujet des violations des droits humains commises par des soldats de l'armée congolaise impliqués dans l'opération Kimia II faisaient l'objet de discussions en privé avec les autorités gouvernementales congolaises. En septembre, la mission de maintien de la paix a tardivement élaboré un projet de plan exposant les conditions de son soutien à l'opération Kimia II basées sur le respect des droits humains, projet qu'elle a soumis à l'appréciation du gouvernement congolais. Le 30 octobre, les soldats du maintien de la paix de l'ONU et l'armée congolaise ont mis en place un comité provincial conjoint au Nord Kivu pour enquêter sur les violations des droits humains commises par les soldats de l'armée et pour renvoyer les commandants auteurs d'exactions. La création d'un comité similaire est prévue au Sud Kivu.
Le 1er novembre, Alain Le Roy, directeur du Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU, a annoncé au cours d'une visite au Congo que la MONUC allait suspendre son soutien à la 213ème Brigade de l'armée congolaise en opération dans la région de Nyabiondo. Selon Alain Le Roy, les enquêtes menées par la MONUC elle-même ont révélé que des soldats de l'armée congolaise ont tué au moins 62 civils dans la région de Lukweti, juste au nord de Nyabiondo. La façon dont la suspension sera mise en œuvre n'est pas encore précisée.
« Les fonctionnaires du maintien de la paix savaient que des crimes de guerre étaient commis par les forces gouvernementales congolaises ; pourtant après huit mois dans l'opération Kimia II, ils ne suspendent que maintenant le soutien de l'ONU à l'une des unités de l'armée responsable de ces actes », a insisté Anneke Van Woudenberg. « Nyabiondo n'est pas la seule région où des soldats de l'armée congolaise commettent des exactions.
La MONUC devrait cesser immédiatement son soutien à l'opération Kimia II dans sa totalité jusqu'à ce que les commandants auteurs d'exactions soient renvoyés et que des mesures efficaces soient mises en place pour protéger la population civile. »
Le gouvernement congolais n'a pas non plus renvoyé des rangs de l'armée les auteurs déjà connus d'atteintes aux droits humains. Bosco Ntaganda, recherché après un mandat d'arrêt pour crimes de guerre émis par la Cour pénale internationale, est toujours général dans l'armée congolaise et joue un rôle important dans l'opération Kimia II, ce qui soulève des problèmes supplémentaires pour le soutien de la MONUC à cette opération.
Les opérations militaires menées depuis janvier, notamment l'opération Kimia II, ont entraîné le désarmement de 1243 combattants FDLR sur un total estimé à 6 000, mais les FDLR continuent à recruter et leur capacité à attaquer des civils demeure intacte.
Les soldats du maintien de la paix de l'ONU devraient développer une stratégie globale pour désarmer les FDLR, en faisant de la protection des civils une priorité. Leur mandat permet aux soldats du maintien de la paix d'utiliser la force pour désarmer les FDLR à eux seuls, sans joindre leurs forces à l'armée congolaise commettant des exactions. La note juridique du 1er avril émanant du Bureau des affaires juridiques expose cette option de façon spécifique.
« La poursuite de la participation de la MONUC à l'opération Kimia II, contre son mandat et l'avis juridique de l'ONU elle-même, implique les soldats de maintien de la paix de l'ONU dans les exactions commises », a conclu Anneke Van Woudenberg. « Il est urgent d'envisager d'autres options n'entraînant pas de nouvelles violences contre la population de l'est du Congo pour désarmer les milices FDLR. »
Publié le 02/11/2009 à 13:46 par httppasapas
Monsieur Mufoncol Tshiyoyo, Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC, R.A.P. Mouvement politico-militaire a été l’hote de la radio de la globalisation, la voix de la démocratie congolaise LAVCD, émission animée par Don Kayembe depuis New York City.
Il parle :
- de son parcours politique,
- de sa biographie,
- de son mouvement politique le RAP qui n'est pas un parti politique,
- de l'aspect politique et militaire de son mouvement RAP.
L'interview s'est focalisée autour de deux points essentiels à savoir :
- Faut il oui ou non aller aux élections de 2011, car il ya tant des tractations autour de cette question?
- Peut-on parler de la lutte pour la conquête du pouvoir ou la lutte pour l’émancipation du peuple congolais?
"...Avec plus de 6000000 des morts, et principalement des balles perdues, des maladies, les viols, des exactions de tous genres...par les armées d’agression. Beaucoup sont morts comme chaires à canon en lieu et place de mourir comme meurent de vrais hommes, armes à la main en train de verser leur sang pour la patrie".
Et de poursuivre : "Le temps est venu pour réconquérir notre pays, et affronter l’adversaire, arrêter avec la violence car le sang du peuple congolais a beaucoup couler et continue de couler..."
Priere de cliquer sur le lien suivant pour y découvrir l'intégralite de l' interview du 18.10.2009 accordée à la radio LAVDC: http://www.lavdc.net/portail/archives/
Publié le 29/10/2009 à 16:02 par httppasapas
LA VOIX DES SANS VOIX DONNE LA NOUVELLE ET DIT CRAINDRE POUR LA VIE ET LA SECURITE DE CET ANCIEN PARACHUTISTE DES EX-FORCES ARMEES ZAIROISES.
«Bofate était souvent à couteaux tirés avec son chef hiérarchique le général Banze. Et pourtant, les deux hommes se connaissent bien d’autant plus que Banze est sorti de la 9ème promotion de l’EFO.» Notons que Banze est natif du Katanga.
Aujourd’hui, les «katangais» estiment que les Bangala n’ont pas de place au sein de la garde présidentielle dite garde républicaine.»
Commandant en second de la garde présidentielle (Garde républicaine) de Joseph Kabila, le colonel Floribert Bofate Lihamba a été arrêté à Lubumbashi et transféré à Kinshasa où il serait détenu en un lieu secret. Dans un communiqué daté 20 octobre 2009, l’association de défense des droits humains «La Voix des Sans-Voix» donne la nouvelle et dit craindre pour la vie et la sécurité de cet ancien officier parachutiste des ex-Forces armées zaïroises.
Le colonel Bofate Lihamba, commandant second de la garde prétorienne de Joseph Kabila, a été «enlevé», autrement dit arrêté sans mandat, le lundi 12 octobre à son domicile à Lubumbashi. L’interpellation a été précédée par une perquisition «de fond en comble» de sa résidence…par des éléments de la garde présidentielle ou garde républicaine assistés par des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements). Vingt-deux appareils de communication de marque «Motorola» et trois ordinateurs auraient été saisis par les enquêteurs. Selon le communiqué de la «VSV», Bofate a été transféré, mercredi 14 octobre, à Kinshasa où il serait détenu en un lieu secret.
Que reproche-t-on à cet officier supérieur des FARDC (Forces armées de la RD Congo). «Il serait suspecté de «fomenter un coup d’Etat» contre le régime en place, en République Démocratique du Congo», précise ce communiqué. La VSV dit craindre «pour la vie et la sécurité» du colonel Bofate. L’homme souffrirait de l’hypertension artérielle.
Originaire de la province de l’Equateur, Floribert Bofate Lihamba est issu de la 10ème promotion de l’EFO (Ecole de formation des officiers) à Kananga. Il a par la suite rejoint le corps des parachutistes de Ceta (Centre d’entraînement des troupes aéroportées). «C’est un excellent combattant, commente un ancien officier ex-Faz. Il a été «coopté» dans l’armée nationale par le président Laurent-Désiré Kabila.» Selon une source militaire, le «Mzee» portait le colonel Bofate en haute estime pour le travail qu’il avait accompli à Lubumbashi. Et d’ajouter : «Bofate était souvent à couteaux tirés avec son chef hiérarchique le général Banze. Et pourtant, les deux hommes se connaissent bien d’autant plus que Banze est sorti de la 9ème promotion de l’EFO.» Notons que Banze est natif du Katanga. Quel est en définitive le problème? Un officier FARDC joint au téléphone à Kinshasa d’asséner sans langue de bois : «Sous Mobutu, les soldats appartenant à l’ethnie Ngbandi considéraient la Division spéciale présidentielle comme leur chasse-gardée. Aujourd’hui, les «katangais» estiment que les Bangala n’ont pas de place au sein de la garde présidentielle dite garde républicaine.»
Une fois n’est pas coutume, en lieu et place des «recommandations» habituelles, cette association de défense des droits de l’Homme "exige" du chef de l’Etat, en sa qualité notamment de commandant suprême de l’armée, de clarifier «la localisation» du colonel Floribert Bofate Lihamba afin que les "membres de sa famille, les avocats, les médecins, les défenseurs des droits humains et les humanitaires" puissent lui rendre visite.
Questions : Où est passé le colonel Floribert Bofate Lihamba ? Pourquoi ne le défère-t-on pas devant une juridiction compétente afin qu’il fasse valoir son droit de la défense ?
B. Amba Wetshi
Ci-après le texte intégral du communiqué de «La Voix des Sans-Voix » :
Texto :
COMMUNIQUE DE PRESSE N°067/RDC/VSV/CD/2009
Pour la localisation du colonel Floribert Bofate Lihamba, Commandant second de la Garde Républicaine (GR)
La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime ses vives inquiétudes consécutives à l’enlèvement à Lubumbashi, province du Katanga, au transfert et à la détention au secret à Kinshasa du colonel Floribert BOFATE LIHAMBA, commandant second de la Garde Républicaine (GR).
Selon les informations parvenues à la VSV, colonel Floribert BOFATE LIHAMBA aurait, auparavant, été assigné en résidence surveillée à Lubumbashi avant son transfert à Kinshasa, mercredi 14 octobre 2009. Il serait suspecté de « fomenter un coup d’Etat » contre le régime en place, en République Démocratique du Congo.
Lundi 12 octobre 2009, vers 11h00, sa résidence, sise n° 15, avenue Pumbu, commune de Gombe, aurait été perquisitionnée de fond en comble par des militaires de la Garde Républicaine et des agents de services de sécurité dont l’Agence Nationale des Renseignements (ANR). A l’issue de la fouille systématique de la maison, un carton contenant vingt-deux (22) appareils de communication de marque Motorola et trois ordinateurs auraient été emportés.
Toutes proportions gardées, la VSV craint pour la vie et la sécurité de la victime et des membres de sa famille déjà traumatisés, surtout, entre autres, par le fait que le colonel souffrirait de l’hypertension. Sa détention au secret, privé de toute visite, est susceptible de contribuer à la détérioration de sa santé, en violation de l’article 18, alinéa 5 de la Constitution de la République Démocratique du Congo qui stipule «Tout détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa vie, sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité».
Eu égard à ce qui précède, la VSV exige du chef de l’Etat, Commandant Suprême des FARDC et Magistrat Suprême d’ordonner:
- la localisation du colonel Floribert Bofate Lihamba et les visites par les membres de famille, les avocats, les médecins, les défenseurs des droits humains, les humanitaires…
- la libération immédiate et sans condition de la victime, sinon sa présentation devant les juridictions compétentes, en cas de griefs sérieux à sa charge, pour l’organisation d’un procès public juste et équitable;
- la sécurisation de la victime et des membres de sa famille.
Fait à Kinshasa, le 20 octobre 2009.
La VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)
© Congoindépendant 2003-2009
Publié par Emile Matundu
Publié le 17/10/2009 à 16:18 par httppasapas
Le professeur Philip Alston, rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extra judiciaires, a séjourné du 5 au 15 octobre 2009 en RDC à la demande du gouvernement congolais. Au terme de son séjour, il a publié un rapport accablant. Il a également proposé des recommandations auxquelles le gouvernement le République devra répondre vis-à-vis du Conseil des droits de l’homme à Genève et de l’Assemblée générale de l’Onu à New York.
J’ai visité la République Démocratique du Congo du 5 au 15 octobre et tenu des réunions à Kinshasa, au Bas-Congo (Kisantu), au Nord-Kivu (Goma), au Sud-Kivu (Bukavu et Minova), et en Province Orientale (Dungu et Doruma).
A travers la République Démocratique du Congo j’ai eu des rencontres avec les représentants du gouvernement central, provincial et local, les représentants de la police et des militaires, des juges et des procureurs, des représentants de la MONUC, des membres de la communauté diplomatique, des représentants de la société civile à tous les niveaux, des agences humanitaires, des représentants de groupes religieux, des détenus, les ex-combattants des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda FDLR) et Lord’s Resistance Army -(LRA). J’ai également rencontré de nombreux témoins de violations de droits de l’homme ainsi que des membres des familles des victimes.
Je tiens à exprimer mes remerciements les plus sincères au gouvernement de la RDC pour m’avoir invité à visiter le pays. Ceci est la preuve de la volonté du gouvernement de coopérer avec le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et mérite d’être reconnu. Je suis également reconnaissant à la MONUC qui n’à épargné aucun effort pour favoriser le succès de ma mission. Les deux SRSG adjoints, Madame Leila Zerrougi et Monsieur Ross Mountain, le commandant des forces Monsjur Babacar Gaye et Monsieur Todd Howland, directeur du Bureau conjoint des droits de l’homme se sont dépassés pour m’aider. Ils ne doivent néanmoins pas être tenus responsables de l’analyse et des recommandations que j’ai faites en ma capacité d’expert indépendant.
La définition que fournit le droit international des exécutions extrajudiciaires est bien plus large que- celle contenue dans la législation de la RDC. Elle comprend les tueries commises par les forces gouvernementales ainsi que celles perpétrées par d’autres groupes ou individus envers lesquelles le gouvernement a un devoir d’investigation, de poursuite et de sanction. -
L’un des problèmes les plus préoccupants est la privatisation totale de I’Etat. Les militaires sont peu ou souvent pas payés. Ils se financent souvent par l’extorsion et le vol commis dans la communauté. La MONUC fournit la plupart de leurs rations alimentaires. Un système de justice inefficace tolère et parfois même encourage l’apparition de la justice populaire au sein des communautés locales. Les -soins de santé et l’éducation sont donnés en sous-traitance (« outsourced ») aux institutions internationales ; d’ailleurs les autorités gouvernementales se plaignent que celles-ci ne font pas assez. Le gouvernement central n’assure le budget que d’une seule dans l’ensemble du pays. Les autres continuent à fonctionner car des administrateurs souvent auto-désignés commettent des exactions sur les prisonniers et les membres des familles de ceux-ci. Ce phénomène de privatisation réduit l’urgence de toute réforme fiscale et d’une responsabilisation. Le gouvernement se contente de trouver des ressources pour satisfaire ses propres besoins, Les solutions à ce phénomène dépassent la portée de mon rapport. Néanmoins, tant que ce problème n’est pas abordé de façon énergique, la capacité du gouvernement à garantir la sécurité, la justice et le respect des droits de l’homme ne pourra qu’en pâtir encore davantage et les milliards de dollars versés par la communauté internationale n’auront pas servi à la mise en place d’un cadre institutionnel durable.
Tueries commises par l’armée congolaise et les FDLR au Nord et Sud-Kivu
Kimia II, l’opération militaire de l’armée congolaise (FARDC) avec l’appui de la MONUC dans les Kivu contre les groupes armés des FDLR, qui a commencé officiellement au mois de février 2009, poursuit en ensemble d’objectifs, mais sous le prisme des droits de l’homme, elle a eu catastrophiques des centaines de milliers de personnes déplacées, des milliers de cas de viol, des centaines de villages entièrement brûlés, et au moins mille victimes civiles. En outre, les mines situées dans les Kivu n’ont toujours été démilitarisées et continuent d’être exploitées par des groupes armés, en particulier par les FARDC.
Un manque de planification, de coordination et de coopération dans le cadre de Kimia II est à l’origine des tueries prévisibles et répétées, y compris des massacres dans le Sud-Walikale et à Masisi perpétrés par les FDLR. Des villages laissés sans aucune protection par les FARDC ou la MONUC sont ainsi devenus des cibles faciles pour les forces des FDLR. Depuis le mois de janvier 2009, les FDLR ont commis en moyenne 50 à 60 tueries par mois, alors qu’il y en avait moins de dix par mois en 2008.
Des cas de viols brutaux ont accompagné ces atrocités. Beaucoup de ces événements constituaient des actes de représailles contre des civils suspectés d’avoir coopéré avec les FARDC lorsque celles-ci contrôlaient la région. De nombreux commandants en chef des FDLR, notamment ceux qui résident actuellement en Allemagne ont joue un rôle décisif dans ces opérations Or, ils vivent en toute liberté.
Dans beaucoup d’autres régions ce sont les FARDC elles-mêmes qui constituent le plus grand risque direct à la sécurité. Le manque de vérification (vetting) des ex-membres de groupes armés, en particulier ceux de l’ex-Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), et une carence de formation et le planification au moment de l’intégration des ex-CNDP et autres groupes au sein des FARDC dans les Kivu a mené, sans surprise, à des cas de violations commises par l’armée contre les civils et n’a pas pu mettre fin à l’existence de structures parallèles de commandement ex-CNDP au sein de l’armée. Le processus de mise en place d’une armée professionnelle n’a pas encore véritablement commencé. La formation a été, dans le meilleur de cas, qu’extrêmement superficielle, même quand elle s’adressait aux commandants. Le nombre précis de soldats est inconnu et la composition des unités militaires vague. Les uniformes des soldats n’indiquent que rarement leur nom ou -celui de leur brigade. Les efforts continus de l’EUSEC pour mener à bien un recensement au sein de l’armée sont indispensables pour professionnaliser les forces armées.
J’ai reçu des informations dignes de foi quant à des tueries importantes non-rapportées commises par les FARDC en 2009 dans les Kivu. A Shalio (près de Busurungi au Nord-Kivu) il semblerait que les FARDC, commandées par le Colonel Zimulinda, ait attaqué un camp de fortune de réfugiés Hutu Rwandais le 26 avril 2009, Les FARDC ont entouré le camp, tiré et battu à mort au moins 50 réfugiés et ont entièrement brûlé le camp. Il semblerait que quelques 40 femmes aient été enlevées dans ce camp. Un petit groupe de dix femmes qui a pu s’échapper a témoigné avoir subi des viols collectifs. Les femmes portaient des marques de blessures graves. On leur avait coupé des morceaux de leurs seins. Le sort des trente autres femmes est inconnu. Le 10 mai, au moins 96 civils ont été massacrés par les FDLR à Busurungi à titre de représailles des tueries de Shalio. J’ai également reçu des informations quant à des tueries commises par les FARDC sur l’axe Nyabiando Pinga au Nord-Kivu. Une enquête sérieuse devrait être entreprise.
Outre ces assassinats à grande échelle commises par les unités des FARDC, il y aussi ides cas de meurtres isolés commis par des soldats. Le fait que le gouvernement n’arrive pas à fournir régulièrement les rations alimentaires et payer la solde des soldats et les détournements de fonds commis par les commandants obligent les soldats à vivre aux dépens de la population. J’ai ainsi reçu de nombreux témoignages de tueries commises lors de vols des denrées alimentaires et autres articles nécessaires à la survie, et de cas de décès lorsque les civils étaient forcés de porter les bagages des FARDC, Il va de soi que le nombre de violations décroît de façon spectaculaire dans les régions où les FARDC sont payées et nourries.
Province Orientale et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA)
Dans le passé plus de 1 200 civils ont été tués de façon brutale par les LRA. Beaucoup étaient des règlements de compte à la suite des opérations militaires lancées par le gouvernement. Tant l’opération Rudia I (opération conjointe FARDC-MONUC du mois de septembre 2008) que l’opération Lightning Thunder (opération conjointe FARDC-Ouganda-SPLA avec appui logistique des Etats-Unis décembre 2008) ont été immédiatement suivies de représailles sous forme de tueries perpétrées par la LRA. A Dungu et à Doruma, j’ai parlé à des adultes et des enfants qui avaient été enlevés par la LRA. Lors de ces attaques, des enfants ont été obligés de servir comme soldats et ont été formés pour tuer; des personnes ont été battues à mort avec des bâtons et des machettes sous l’oeil des membres de leurs familles. Compte tenu de l’historique des tueries à titre de représailles commises par la LRA en Ouganda et au Soudan, ces massacres étaient prévisibles et le gouvernement et la MONUC auraient dû faire preuve de davantage de diligence pour accorder la priorité à la protection des civils lors de la planification des opérations militaires. C’est un impératif du droit humanitaire international et du droit des droits humains.
Il existe une différence criante et préoccupante entre les allégations de succès de l’opération Rudia II (opération conjointe FARDC-MONUC mars 2009 en cours) avancées par les forces armées et la réalité sur le terrain. Le commandant FARDC de Rudia II a confirmé avec insistance que la mission avait réussi et que le territoire du Congo était désormais nettoyé des forces de la. LRA. Toutefois, et même si les massacres de septembre-décembre 2008 ne se sont plus répétés, la LRA continue ses incursions régulières au Congo. Au mois de juillet 2009, par exemple, il y a eu au moins 56 attaques de la LRA qui ont abouti à 40 meurtres et 157 enlèvements. Au mois d’août on parle de 32 attaques, 15 meurtres et 39 enlèvements. Au mois de septembre il y a eu au moins 22 meurtres et 37 enlèvements. Un témoin a décrit une attaque il y a à peine deux semaines au cours de laquelle les membres de la LRA ont volé et essayé d’enlever la soeur du témoin, alors qu’elle travaillait dans les champs.
Les besoins sécuritaires de la province Orientale n’ont pas suffisamment retenu jtl’attention de la communauté internationale. Le défi est d’autant plus grand que le territoire est vaste et l’accès difficile. Il y une petite présence de la MONUC mais les effectifs et les -capacités ne sont pas suffisants pour réagir efficacement- face aux menaces. En dépit d’efforts de la part de la MONUC, la communication avec la population laisse beaucoup à désirer. Les efforts de communication de la MONUC avec la population ont été inadéquats. En partie, il s’agit d’un simple échec de relations publiques. Les efforts ont été insuffisants pour : (i) expliquer le rôle de la MONUC à la population; (ii) veiller à ce que des avantages tangibles tels que l’approvisionnement en électricité et couverture radio soient assurés et (iii) qu’un réseau de communication communautaire soit mis en place pour améliorer la sécurité et permettre à la MONUC et aux FARDC de réagir rapidement en cas d’attaque ou de menace crédible.
Par ailleurs, il importe que les incidents majeurs et les tueries fassent l’objet d’une évaluation et d’un rapport en temps voulu. On sait que le rapport des enquêtes du Bureau conjoint des droits de l’homme de la MONUC dans le cas des massacres commis par la LRA à la fin de 2008 ne sont toujours pas disponibles, neuf mois après ces incidents. Des retards dans l’obtention d’autorisations de publication semblent saper l’efficacité du travail sur le terrain. La LRÀ sévit au Bas-Uélé, Haut-Uélé, sud-Soudan, jusqu’en République Centrafricaine et constitue toujours une menace véritable en RDC. Face au refus du gouvernement de reconnaître ce fait, la population a voté avec ses pieds : un grand nombre de personnes déplacées refuse toujours de rentrer dans leur région. La LRA est aussi devenue une menace régionale, ayant attaqué des civils dans le nord de l’Ouganda, en RDC, au sud-Soudan et en République Centrafricaine. On estime à 65 000 le nombre de civils tués au cours des vingt dernières années et à plus de deux millions le nombre de personnes déplacées. En dépit de sa petite taille la LRA sème la panique et contribuera de le faire à moins qu’une solution régionale ne soit trouvée. - Il faut ainsi une conjugaison de nouvelles pensées stratégiques militaires et de mesures tactiques pour encourager et faciliter les désertions dans les rangs de la LRA.
Tout comme dans les Kivu, de nombreux interlocuteurs ont identifié les FARDC comme étant la menace la plus grave en matière de sécurité dans la province Orientale. Pour une bonne partie de l’année courante, les gardes républicaines étaient déployées en Orientale mais au cours des derniers mois, une nouvelle brigade des FARDC comprenant des membres des ex-CNDP est arrivée du Nord-Kivu pour remplacer la Garde républicaine. On pouvait prévoir que cette nouvelle brigade, responsable d’harcèlements, de pillages, de viols et d’assassinats dans les Kivu allait agir de la même façon en Orientale. La plupart des actes restent impunis, la population ne sachant pas qu’il est possible de porter plainte et ne sachant à qui s’adresser. Un procureur militaire est arrivé à Dungu pour la première fois la semaine passée. Au cours des deux mois et demi passés, il y a eu au moins quinze meurtres commis par les FARDC en Haut-Uélé, la plupart accompagnés de pillage et de vol. Dans un cas, deux femmes ont été tuées pour avoir résisté à un viol collectif par des soldats. On s’attend à ce que, au fur et à mesure que les soldats de la brigade intégrée remplacent la Garde républicaine en Orientale, le nombre de ces abus augmente. On s’attend également que les groupes d’auto-défense des villageois s’organisent à nouveau et envisagent de prendre les armes face à l’impunité des FARDC. La province Orientale se trouve à un tournant critique et tous les signaux d’alarme sont allumés annonçant une répétition des violences constatées dans les Kivu.
Assassinats politiques au Bas-Congo et à Kinshasa
Le gouvernement a nié les assassinats à motif politique de centaines de civils à Kinshasa (partisans du parti de Bemba) et au Bas-Congo (partisans de Bunda Dia Kongo) en juin 2006, début 2007 et janvier et mars 2008, perpétrés par les forces de sécurité de la RDC. La communauté internationale n’y a pas prêté grande attention bon .plus. Aucune institution n’a dû rendre compte de ces assassinats et de cette répression à grande échelle. Ces actes sont dus, entre autres, à la police (en particulier le bataillon Simba, l’unité de police intégrée et services spéciaux), à l’Agence nationale de renseignement (ANR), à la Garde républicaine et à l’Etat major de renseignements militaires (DEMIAP).
La position dominante d’un appareil d’état hautement répressif m’est apparue clairement lorsque je me suis rendu à Kisantu au Bas-Congo en début de semaine pour m’entretenir avec des témoins des assassinats de partisans du BDK, entretiens rendus impossibles dans le district en violation flagrante de la liberté de mouvement et de communication due au rapporteur spécial des Nations unies par le gouvernement hôte. Le maire de Kisantu, sous les ordres du Gouverneur, a présenté des prétextes peu valables et futiles pour justifier cette interdiction répressive. En outre, dès que j’ai quitté Kisantu, la personne qui avait organisé les rencontres a été immédiatement arrêtée par la police, ce qui a nécessité mon retour à Kisantu afin d’assurer sa libération. Je reste profondément préoccupé par la sécurité de cette personne et des témoins et ferai tout ce qui est dans mon pouvoir pour suivre cette situation. J’ai par ailleurs présenté une plainte officielle au gouvernement en rapport avec cette violation des obligations assumées envers le Conseil des droits de l’homme.
Morts en prison
Mes interlocuteurs, y compris le Ministre de la justice, qui est responsable du système pénitentiaire, étaient unanimes pour dénoncer les conditions atroces des prisons. J’ai pu visiter la prison centrale de Goma où je me suis entretenu avec quelques détenus. La prison aune capacité de 150 personnes mais contient 800 prisonniers vivant dans une saleté indescriptible. La prison leur fournit une seule ration alimentaire largement insuffisante par jour. Par conséquent, ils dépendent essentiellement de leurs familles pour se nourrir. Etant donné que le contrôle interne des prisons est laissé entièrement aux mains des prisonniers, les plus forts se taillent la part du lion des rations alimentaires. Les plus faibles et ceux qui n’ont pas de famille à proximité, perdent graduellement du poids et sont davantage exposés aux maladies. Il n’est donc pas étonnant que beaucoup meurent en prison.
Le nombre de prisons et de prisonniers au Congo n’est pas connu. Les registres ne sont pas entretenus. Beaucoup de prisonniers pourrissent en prison, même après avoir servi leur sentence. La grande majorité de prisonniers n’a pas été jugée. Essentiellement, le système carcéral est un dépotoir où l’on entasse les ennemis de l’Etat et ceux qui sont trop pauvres pour soudoyer le système judiciaire. Les conditions abominables, ainsi que la corruption et un contrôle minimal de l’Etat font que les fuites sont monnaie courante, exacerbant davantage la situation d’impunité.
Violence sexuelle et exécutions extrajudiciaires
La violence sexuelle à grande échelle continue de sévir. Les chiffres ne sont pas à même de projeter le degré d’horreur de cette violence. Des femmes et des fillettes, et même des bébés, ont subi des viols collectifs ; des fusils, des bâtons, du sable et de la colle ont été insérés dans leurs corps;leurs organes génitaux ont été mutilés. Certains auteurs de viols sont allés aussi loin que d’arracher des fétus de l’utérus de la femme. Des victimes ont ainsi été littéralement violées à mort. J’ai reçu des témoignages de viols collectifs dans les Kivu d’une brutalité telle que les femmes ont succombé à leurs hémorragies et à leurs blessures dans les jours ou les semaines qui ont suivi les viols. D’autres victimes ont été exécutées immédiatement après le viol ; les membres de la famille qui ont essayé de s’interposer ont également été tués. Même si les preuves statistiques ne sont pas encore complètes, des preuves circonstanciées provenant de diverses sources montrent que les viols et les tueries sont particulièrement pernicieux lorsque les groupes armés agissent à titre de riposte contre les communautés êél1àborêr avec 1àffie opposée. Ceux qui travaillent avec les victimes des viols ont également été attaqués et menacés.
En dépit de cette situation cauchemardesque et toute l’attention qu’elle a suscitée au niveau politique, les autorités continuent de nier l’étendue du problème. Lorsque j’ai interrogé une haute autorité militaire à l’est de la RDC sur les violences dans sa région, il m’a répondu que seul 15 pourcent des allégations des ONG étaient justifiées, que la plupart des autres cas n’était que des inventions, et que c’était après tout dans la nature de la femme d’être infidèle. Le fait est que le nombre et la gravité des attaques ne s’estompe pas et semble même s’aggraver. C’est particulièrement le cas dans le Kivu, où le nombre important de viols a augmenté après le lancement des opérations militaires du début 2009. Ce sont les membres des groupes armés qui sont responsables de la majorité des cas de viol dans les Kivu.
Impunité et systèmes de justice pénale et militaire
L’impunité est une cause principale de la continuation des tueries et est le résultat des lacunes graves du système judiciaire à tous ses niveaux. L’impunité est si étendue que même Bosco Ntaganda, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI pour avoir enrôlé des enfants soldats en Ituri, a été intégré dans les FARDC et détient un poste de commandement supérieur, quand bien même officieux, au sein de l’opération Kimia II. Beaucoup d’autres, notamment Sultani Makenga, Bernard Byamungu et Salumu Mulenda, qui ont des dossiers détaillés de crimes de guerre et autres violations graves, se sont vus accorder des postes de responsabilité au sein de l’armée.
A travers le pays, la corruption endémique et l’ingérence politique font que l’argent et les connaissances peuvent vous éviter enquêtes, poursuites et jugement. Des juges m’ont avoué avoir reçu des menaces dans l’exercice de leurs fonctions et reçu des propositions de pots-de-vin. Ils manquent d’ailleurs cruellement de ressources. La désignation, la révocation et la promotion des juges se fait souvent dans un contexte d’ingérence politique. La nouvelle Cour militaire opérationnelle établie dans le cadre de Kimia II a permis quelques progrès timides dans la poursuite d’un petit nombre de soldats de rang inférieur, mais cette cour souffre d’un manque d’effectifs, ne peut conduire des enquêtes indépendantes et ne dispose pas de pouvoirs pour entamer des poursuites de haut niveau.
La peur empêche beaucoup de victimes et de témoins potentiels de dénoncer les crimes. Il n’existe aucun programme de protection de victimes au sein du gouvernement congolais. La MONUC a mis sur pied un très petit programme de protection, avec un effectif limité et des ressources restreintes, l’empêchant d’assurer la protection nécessaire.
Le rôle de la MONUC
La MONUC remplit des fonctions d’une extrême importance. J’ai été très impressionné par le professionnalisme et le dévouement de son personnel mais la dimension «droits de l’homme » de ses activités a besoin d’être repensée. Le Bureau conjoint des droits de l’homme a fait un excellent travail et les nouvelles équipes conjointes de protection créées pour servir d’alarme précoce dans des situations de menace sécuritaires constituent un pas dans la bonne direction pour assurer la protection des populations civiles. Néanmoins, elle souffre de pénuries de ressources et rencontre de nombreux obstacles quant à l’accès et l’on ne donne pas toujours suite à ses recommandations.
Les problèmes principaux sont de deux ordres. Il y a d’abord les tensions inévitables qui découlent de la subordination de la composante «surveillance droits de l’homme» à l’autorité d’une mission de maintien de la paix. La surveillance des droits de l’homme sera toujours perçue par certains comme un obstacle sur la voie des réformes politiques. On aura ainsi tendance à la reporter à plus tard, à la diluer, voire même la décourager. Quand bien même faite généralement de bonne foi, cette tendance sape la crédibilité et l’efficacité des activités « droits de l’homme ». Les arrangements actuels dans le cadre de la MONUC ne résolvent pas de façon satisfaisante ce problème et le rôle constructif du Haut commissariat des droits de l’homme ne ressort pas clairement dans ce contexte, Il y a ensuite le fait que le mandat du Conseil de sécurité a transformé la MONUC en une partie au conflit dans les Kivu. Cela crée inévitablement un conflit d’intérêts quant à la capacité et la volonté de la MONUC d’enquêter sur les allégations de violations commises par les FARDC ou par ces propres forces. Même dans l’hypothèse d’une performance sans faute de ses tâches, la perception de manque d’indépendance devient inévitable. Il faut ainsi penser à créer un nouveau mécanisme capable de garantir un rôle de surveillance et une capacité redditionnelle indépendante, efficace et crédible.
Le système des Nations Unies a fait des efforts significatifs pour documenter les violations de droits de l’homme commises entre 1993 et 2003 (« mapping »). C’est un projet indispensable et un pas important sur la voie de la responsabilisation, et les conclusions devraient être publiées dans les trois mois à venir.
Pour compléter les points susmentionnés, mon rapport au Conseil des droits de l’homme se penchera également sur les questions relatives au rôle de la police et de la nécessité d’une réforme ambitieuse, sur la question des milices d’auto-défense et des exécutions commises par la justice populaire, sur l’assassinat de journalistes et de «sorcières» et sur la protection des défenseurs de droits de l’homme, ce dernier point ayant une importance particulière, compte tenu du harcèlement et de l’intimidation constante que subissent ceux-ci.
Recommandations
Il y a bien longtemps que l’on ressent une fatigue de recommandations en RDC. Des centaines de rapports contiennent es milliers de propositions de réformes, pour la plupart sans suite. Il est donc inévitable de se fixer des priorités. Les six recommandations ci-dessous sont tant nécessaires que réalisables dans les six mois à venir. Au mois de juin 2010 je ferai rapport au Conseil des droits de l’homme sur les progrès obtenus sur chacune d’elles.
1. L’impunité est chronique. Pour les FARDC, souvent tout est permis. Ses soldats ne courent pas un grand risque d’être punis pour le viol ou le pillage de la population civile. Leur anonymat et leurs armes leur assurent l’impunité en cas de crime. Par conséquent, dans un premier temps, il faut exiger le port d’un uniforme portant le nom de l’individu ainsi que son appartenance à son unité militaire Le Conseil sécurité doit en faire une condition préalable a toute assistance.
2. La présence de présumés auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres violations graves au sein des forces armées est un message très fort aux autres militaires qui se disent que l’impunité règne et que la brutalité et la force l’emportent sur la loi. Le slogan selon lequel « la paix d’abord, la justice ensuite» ignore fondamentalement la dynamique en cours. Il n’y aura ni paix, ni justice tant que le gouvernement et la communauté internationale ne prendront au sérieux la nécessité de traduire immédiatement devant la justice les auteurs présumés de crimes haineux. Accorder à des individus tels que Bosco Ntaganda, Innocent Zimulinda, Sultani Makenga, Bernard Byamungu et Salumu Mulenda un sursis provisoire (pour quelques années seulement nous dit-on) équivaut â tourner en dérision les droits humains. Aucun raisonnement stratégique sophistiqué ne devrait occulter ce fait.
3. Mes rapports ont une fonction fondamentale: servir de sonnette d’alarme. Et ces sonnettes d’alarmes retentissent fortement en RDC. A l’heure actuelle, Kinshasa et le Bas-Congo constituent un terreau fertile pour d’autres tueries des forces de sécurité à l’approche des élections. En Orientale, on devrait s’attendre à une multiplication des cas de violations par les FARDC et â des attaques sporadiques continues de la LRA. Des affrontements entre les groupes d’auto-défense et les FARDC sont aussi possibles à moins que des mesures de prévention ne soient prises urgemment. Dans les Kivu, la population civile paiera un lourd tribut lors des attaques de représailles des FDLR si l’on n’y prévoit pas des mesures de protection renforcées. Il incombe au gouvernement et à la communauté internationale d’assurer la responsabilité de mise en place de mesures préventives immédiates.
4. La réforme du secteur sécuritaire est complexe et nécessite beaucoup de temps. Une question fort négligée est celle de l’avenir de la Garde républicaine. C’est une véritable bombe à retardement. A moins d’intégrer complètement la Garde républicaine au sein des FARDC, on court le risque d’en faire un obstacle incontrôlable et explosif sur la voie des élections libres et de la gouvernance démocratique.
5. Être un prisonnier-en RDC est sans soute pire que de se retrouver en enfer. Le système carcéral irresponsable et sans pitié est la cause de la mort de nombreux prisonniers, lie nombre véritable de prisons et de prisonniers n’est pas connu. La surpopulation carcérale est choquante, même selon les normes des pays les plus pauvres. D’innombrables prisonniers restent en prison des années sans être jugés et beaucoup meurent de faim. Un budget raisonnable doit être prévu pour toutes les prisons, et un recensement de la population carcérale devrait être effectué dans les six mois. Le délai qu’un prisonnier peut passer en détention préventive devrait être conforme aux normes internationales de droits de l’homme. Les prisonniers détenus en violation de ces normes devraient être libérés et tous les lieux de détention appartenant aux acteurs non-autorisés par la loi devraient être fermés.
6. Une attention urgente doit être accordée à l’amélioration et à la restructuration de la capacité des Nations Unies à surveiller et à faire état des violations des droits de l’homme en RDC de façon efficace, indépendante et crédible. Alors que les dispositions actuelles sont pertinentes par certains égards, beaucoup reste encore à faire.
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Publié le 09/10/2009 à 15:23 par httppasapas
L'index Ibrahim, du nom de Mohammed Ibrahim, alias Dr Mo, un homme d'affaires d'origine soudanaise ayant fait fortune dans la téléphonie mobile (suite à la revente de Celtel, la société qu'il a créée) a classé 48 pays africains selon des critères permettant d'évaluer la bonne gouvernance.
Cinq catégories sont appliquées à chaque pays et permettent de déterminer le classement final : la sécurité, les règles de droit, les droits humains, le développement économique, et le développement humain.
Développé par la Kennedy School de l'université de Harvard, avec l'aide d'une commission composé d'universitaires africains, l'index a compilé des données provenant de diverses sources incluant les Nations-unies, des organisations comme Transparency International, ou des think thank comme "Freedom house".
En tête de ce classement, on retrouve deux îles, l'île Maurice, et les Seychelles. En 3ème position, le Botswana, une démocratie stable dont la richesse provient des diamants et de l'agriculture. En 4ème position, le Cap-Vert, un pays aidé par une diaspora très importante (il y aurait plus de Cap-verdiens aux Etats-Unis) que dans les îles mêmes.
Parmi les dix premiers on retrouve L'Afrique du Sud (5è), le Gabon (6è), la Namibie (7è), le Ghana (8è), le Sénégal (9è) et Sao Tomé (10è). Le pays qui a l'indice de gouvernance le plus bas est la Somalie, un pays qui n'a pas de gouvernement depuis la chute de Siad Barré en 1991. En queue de classement, on retrouve aussi la RDC (47è), le Tchad 46è, le Soudan (45è).
Selon un porte-parole de la fondation, il n'y aura pas automatiquement de lien entre le "pays africain le mieux gouverné" et le "meilleur ex-président". La fondation Mo Ibrahim doit en effet remettre un prix de 5 millions de dollars le 22 octobre 2007 à un ancien président ou chef de gouvernement africain (ayant pris sa retraite entre 2004 et 2006) sélectionné pour avoir bien dirigé le pays dont il était à la tête.
500 000 dollars seront payés annuellement sur 10 ans, et 200 000 dollars supplémentaires pourraient être débloqués chaque année pour le financement d'une bonne cause soutenue par le vainqueur. La fondation Mo Ibrahim a été lancée en octobre 2006 afin de promouvoir la bonne gouvernance en Afrique, et avec le soutien de Nelson Mandela, Alpha Omar Konaré, Tony Blair et Bill Clinton.
Publié le 03/10/2009 à 17:41 par httppasapas
Droits & libertés :
Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de la "VSV". Photo C.I.C
Les associations congolaises de défense des droits humains, par la bouche de Floribert Chebeya, accusent les autorités congolaises d’avoir élaboré un «Plan» destiné à «éliminer» les défenseurs des droits humains. Objectif : museler la société congolaise après avoir mis au pas la presse et l’opposition. A en croire ces organisations, le pouvoir en place manifeste de plus en plus des signes d’intolérance en perspectives des consultations politiques prévues en 2010 et 2011.
Duplicité
En ouvrant les bras à Laurent-Désiré Kabila ainsi qu’à «ses» combattants dits «Banyamulenge», regroupés au sein de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre), les ex-Zaïrois ont-ils, sans le savoir, apporté l’onction populaire qui manquait à un complot international, une guerre d’agression-invasion camouflée en une «rébellion interne» aux conséquences imprévisibles pour la souveraineté de la RD Congo? Hypothèse risible ? Assurément pas. Comment ne pas avancer cette thèse à voir la duplicité autant que l’impassibilité de la «communauté internationale» face aux errements du pouvoir kabiliste. Des errements reprochés jadis au régime de Mobutu : gabegie, corruption, violation des droits de l’homme, abus de pouvoir, obstruction à la démocratie etc. Question : Pourquoi, après avoir déstabilisé le Zaïre de Mobutu au nom de la promotion de la démocratie, de la bonne gouvernance et du respect des droits humains, la communauté internationale affiche-t-elle un silence assourdissant depuis trois ans alors qu’aucun changement qualitatif n’est intervenu en RD Congo dans ces domaines?
Dans une lettre datée 25 septembre adressée à des sympathisants, Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de l’association de défense des droits humains «La Voix des Sans Voix» dit la «profonde préoccupation» des organisations des droits de l’Homme de la RDCongo suite à la «multiplication, ces derniers mois, (...), des actes de harcèlement et de persécution contre les défenseurs des droits de l’homme». Ces harcèlements se manifestent sous forme «des enlèvements, arrestations et détentions illégales, procès injustes et inéquitables, intimidations, campagnes de diabolisation et de dénigrement, menaces diverses, y compris menaces de mort, mise des téléphones sur table d’écoute...»
Pour le directeur exécutif de la «VSV», ces actes ont pour but d’entraver le fonctionnement des Ong des droits humains et la poursuite normale de leurs activités de promotion et défense des droits humains. C’est ainsi que ces organisations ont décidé de faire agir «tous les mécanismes nationaux et internationaux» afin d’obtenir une "intervention d’urgence" de nature à garantir la sécurité et la protection des défenseurs des droits et l’exercice en toute liberté de leurs activités quotidiennes".
Décidées à vendre chèrement leur peau, les organisations de défense des droits humains ont mis sur pied une délégation chargée de prendre contact tant avec les autorités nationales que les milieux diplomatiques. Un seul sujet à l’ordre du jour : la quête de sécurité et de protection. Depuis jeudi 24 septembre, cette délégation est en action. Elle est composée des associations les Amis de Nelson Mandela pour les droits humains(ANMDH), de la Ligue des Electeurs(L.E..), de la VSV, du Réseau provincial des ONGDH de la RDCongo/Kinshasa (Reprodhoc/Kinshasa), du Comité des observateurs des droits de l’Homme(Codho), des Oeuvres sociales pour le développement(OSD), du Comité Droits de l’Homme Maintenant.
"Plan prémédité"
Lors de ces rencontres, ces associations entendent évoquer avec leurs interlocuteurs non seulement le climat d’insécurité dans lequel baignent les défenseurs des droits humains à Kinshasa mais aussi les «menaces de mort» pesant sur les activistes basés à Lubumbashi et à Kisangani. «Vu les inquiétudes persistantes sur leur sécurité et leur vie, les défenseurs des droits de l’Homme de Lubumbashi envisagent de se réfugier à Kinshasa en attendant des garanties de la part du gouvernement de la RDCongo», peut-on lire. Inimaginable ! Les prédateurs des droits et libertés marquent ainsi un point. Les Ong de défense des droits de l’Homme de dénoncer l’existence d’un «plan prémédité» ayant pour objectif l’«élimination» des activistes.
Pour Chebeya, il s’agit d’une volonté sans équivoque «de museler toute la société congolaise» après avoir réussi à faire taire des journalistes. «L’obsession de "gagner" les prochaines élections de 2010-2011 par le pouvoir en place serait à la base de l’intolérance face à toute critique ou revendication, et ce, après l’affaiblissement de l’opposition politique..., écrit-il. Avec l’arrivée à Kinshasa des défenseurs des droits de l’Homme, l’action de plaidoyer et de solidarité va se poursuivre afin d’obtenir du gouvernement de la RDCongo et des mécanismes internationaux relatifs aux droits humains la mise en oeuvre urgente des recommandations du Rapport de la Rapporteuse Spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des Droits Humains, (…) et le respect strict par les autorités de la RDCongo de la Déclaration des Nations Unies de 1998 sur les défenseurs des Droits Humains».
«Les derniers des mohicans»
Les défenseurs des droits de l’Homme en RD Congo sont en passe de devenir les «orphelins» de la «démocratisation». Choyés par la «communauté internationale» et les médias occidentaux durant la transition sous Mobutu Sese Seko (1990-1997), ces activistes ne bénéficient plus de la même prévenance. Dès le lendemain des élections générales de 2006, les défenseurs des droits humains se sont retrouvés seuls face aux nervis de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Leurs "correspondants" étrangers se sont mis aux "abonnés absents". Conséquence: les abus imputables aux divers services dits de sécurité ne sont plus relayés à l’étranger.
Après le musellement des partis de l’opposition et la mise au pas de la presse, le pouvoir kabiliste cherche à faire taire les «derniers des mohicans» de la société civile, la vraie, lesquels constituent l’unique rempart contre un pouvoir stupide, incompétent et inique.Inutile de rappeler que sous la «dictature mobutiste», les associations de défense des droits humains ont été largement subsidiées par des chancelleries occidentales et autres Ong internationales et belges en particulier. Trois années après les consultations politiques de 2006, les activistes des droits humains trouvent aujourd’hui porte close auprès de leurs bailleurs de fonds. Les plus "chanceux" s’entendent dire : «La stabilité et la reconstruction sont devenues les priorités du moment.»
On peut comprendre le cri d’alarme de ces associations congolaises lesquelles découvrent, à leur dépens, que l’intérêt reste plus que jamais le moteur de toute relation humaine...
Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2009
Publié par Emile Matundu
Publié le 28/09/2009 à 21:35 par httppasapas
Kinshasa | Jeudi 24 Septembre 2009 à 18:26:39
«UN PLAN NATIONAL CONCOCTE CONTRE LES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME ET LES JOURNALISTES, ET QUI VISE A LES TUER ET LES HARCELER», DIXIT LE PRESIDENT DU CODHO, L'AVOCAT NSII LUANDA.
Réunis au sein du Comité des observateurs des droits de l'Homme, Codho, les activistes des droits de l’Homme ont exprimé leurs ras-le-bol, jeudi, au ministre des Droits humains ainsi qu’à certaines missions diplomatiques accréditées à Kinshasa. En effet, des ONG rapportent la multiplication des cas de harcèlement contre la société civile depuis un certain temps. Ce qui les pousse à croire à l’existence d’un plan national d'harcèlement et de déstabilisation des activistes dans ce pays, rapporte radiookapi.net
3e article de la déclaration universelle des droits de l'Homme
Le président du Codho, l'avocat N'Sii Luanda, indique que la situation des défenseurs des droits de l’Homme est sombre en RDC : « Nous constatons malheureusement qu’il y a un plan national concocté contre les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes, et qui vise précisément à les tuer et les harceler.»
N’sii Luanda cite l’exemple de la capitale Kinshasa où les cas sont légion. Il évoque «des menaces qui sont de plus en plus précises à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, et enfin à Kisangani Dismence Kitenge et sa famille et cela devient très inquiétant.» A Lubumbashi, il parle de SMS et même la condamnation de Golden Musabiko de l’Asadho.
Pour le président du Codho , c’est à l’autorité de dénoncer les auteurs de ces menaces. Car, malgré les plaintes faites auprès d’elle, aucune enquête n’est menée. Jusque là, aucune réaction des autorités gouvernementales concernées n'a été enregistrée sur ces dénonciations.